Revue de presse: Albert Camus, mal-aimé de la presse algérienne

L’anniversaire de la mort d’Albert Camus est assez peu présent, ce 4 janvier dans la presse algérienne de langue française, reflétant le malaise, voire le rejet, suscité par l’auteur de L’Etranger auprès des Algériens.

AFP

Beaucoup de journaux sont totalement silencieux sur le cinquantième anniversaire de la mort du Prix Nobel. Pas une allusion dans El Moujahid, le quotidien gouvernemental. Liberté, quotidien proche du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), mouvement kabyle, se contente d’annoncer les émissions qui seront consacrées à Albert Camus cette semaine… dans les médias français.

L’Expression, journal proche du président Bouteflika, est le seul à mettre l’anniversaire de la mort de Camus à la une, dans sa rubrique culturelle, mais il ne publie qu’une brève évocation de la vie de l’écrivain signalant que « son appel à la trêve pour les civils lancé en janvier 1956 l’éloigne de la gauche (française), qui soutient la lutte pour l’indépendance algérienne. »… sans rien dire de ce qu’en pensent, ou en ont pensé les intellectuels algériens.

« Jusqu’à quel point un écrivain doit-il porter la responsabilité d’un moment de l’histoire, prendre position pour ou contre l’indépendance ? »

Le quotidien populaireLe Soir d’Algérie, tout aussi succintement, rapporte que les intellectuels de gauche en France, dont Simone de Beauvoir, disaient que « Camus s’était rangé «du côté des pieds-noirs», et qu’il avait choisi la colonisation contre la guerre d’Algérie. » L’auteur de l’article estime que le non-engagement de Camus en faveur de l’indépendance ne doit pourtant pas « occulter ce que fit l’écrivain au regard de l’oeuvre dimensionnelle et grandiose qu’il a laissée entre philosophie de la vie ou la condition humaine. »

Le Quotidien d’Oran, un des principaux quotidiens francophone du pays, annonçait, le 24 décembre, que la ville d’Oran allait commémorer le cinquantième anniversaire de la mort d’Albert Camus. L’initiative est de l’association Bel Horizon en collaboration avec le Centre culturel français. L’association proposera le 16 janvier, dans le cadre d’une manifestation intitulée « Sur les traces de Camus », un circuit des lieux qu’avait fréquenté le prix Nobel de la littérature durant son séjour à Oran.

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Par Catherine Gouëset/

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Une réponse à “Revue de presse: Albert Camus, mal-aimé de la presse algérienne

  1. J’ai présenté en 1998 une communication ou je clamais haut et fort l’algerianité de cet écrivain. La communication s’intitulait « Camus entre non et non » ou je faisais référence a son appel pour la trêve civile en 56. Appel qui fut rejeté et par les pieds noirs et par les révolutionnaires algériens. Camus a pris position pour l’Algérie .. la terre et refusa de prendre positon pour un camp au détriment d’un autre. Le juste milieu n’existe pas dans nos société. Partant du principe de Bush: »You are with us or against us », Camus était donc contre les deux camps.

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