Cinq jours sans médias… mais avec le Net

Devant leur gîte, hier, dans le Périgord, Janic Tremblay (Radio Canada), Benjamin Muller (France Info), Anne-Paule Martin (Radio Suisse Romande), Nour-Eddine Zidane (France Inter) et Nicolas Willems (RTBF).

DR

Depuis lundi et jusqu’à hier, cinq journalistes de radios francophones se sont enfermés dans une ferme du Périgord. Avec une mission : voir à quelles informations ils auraient accès en n’utilisant, sur Internet, que Facebook ¯ qui permet d’échanger photos, vidéos et commentaires ¯ et Twitter ¯ des messages de 140 caractères maximum.

Ont-ils eu accès à toutes les informations ? La polémique Georges Frêche et le cyclone menaçant la Polynésie ne leur ont pas échappé. Même s’il faut savoir chercher car, souvent, l’actualité des people et des nouvelles technologies prédomine. « Parce qu’il y a beaucoup de geek (passionnés d’informatique) sur Internet, explique Nour-Eddine Zidane, reporter à France Inter. J’ai eu du mal à obtenir des informations sur les propos du pape sur les homosexuels. Sans doute parce que les membres de mon réseau ne sont pas très branchés actualité internationale. »

« Le réseau, c’est le nerf de la guerre, confirme Anne-Paule Martin (Radio Suisse Romande). Il m’a fallu deux jours pour repérer les bons fournisseurs d’informations sur Twitter. Ceux dont les messages sont le plus repris, par exemple. » Même si cela ne garantit pas une fiabilité à 100 %. Par exemple, l’installation d’un four à pizza dans l’avion privé de Nicolas Sarkozy a suscité de nombreux twitts avant de faire pschitt…

Pas fiable à 100 %

Les réseaux sont-ils plus réactifs que les médias traditionnels ? Pas forcément. Le forfait de Sébastien Chabal pour le match contre l’Écosse a d’abord été annoncé sur Twitter, par le rugbyman lui-même. Mais les cinq journalistes ont su, avec un jour de retard, la démission prématurée du président de France Télécom. Et par la presse étrangère !

Alors, peut-on s’informer uniquement sur les réseaux sociaux ? « Il manque souvent des billes pour mettre en perspective les informations, affirme Benjamin Müller, chroniqueur à France Info. Mais ça peut nous aider pour rechercher des témoignages, être alerté plus vite. »

C’est souvent en cliquant sur des liens d’articles, mis en ligne sur Facebook, que les journalistes ont pu vérifier leurs informations. Notamment sur la déflagration sonore entendue à Lille mardi soir. Crash d’avion ? Explosion d’un immeuble ? Les Internautes ont brassé toutes les hypothèses. Il s’agissait d’un avion militaire passant le mur du son au-dessus de la capitale des Ch’tis. Et c’est un article du journal Nord-Eclair qui a donné la clé de l’affaire.

Florence LE MEHAUTÉ./ Ouest France

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