Compte-rendu des rencontres autour des sciences du patrimoine immatériel à Alger, deuxième journée (4 octobre 2010)

La deuxième journée des rencontres d’Alger sur le patrimoine immatériel avaient deux objectifs concrets. Il s’agissait  d’une part de  faire des propositions pour organiser des projets de numérisation et de diffusion de sources sonores et audiovisuelles dans le domaine de l’ethnomusicologie mais aussi de mettre en place un enseignement des sciences de l’homme adapté au savoir musical en Algérie.

Discutante de la première séance, je n’ai pu prendre toutes les notes nécessaires à la retransmission des communications de Nasredine Baghdadi, directeur des archives de la radio nationale algérienne et de Hadj Miliani, professeur en littérature comparée à l’université de Mostaganem.  N. Baghdadi a relaté point par point la chaîne de traitement numérique mise en place pour les archives sonores radiodiffusées  tandis que H. Miliani  présentait la construction d’un catalogue des enregistrements discographiques des musiques traditionnelles en Algérie (1900-2000).  Cette dernière intervention, très documentée, a mis en lumière tout l’intérêt à ne pas se limiter aux seuls documents de terrain dans la collecte. Il est encore possible d’identifier des documents édités chez de nombreux collectionneurs, ces enregistrements sont fragiles, complexes dans leur histoire éditoriale et il est capital de les numériser et de les cataloguer aux côtés des enregistrements de terrain. A l’écoute des interventions, il apparaît fondamental d’introduire dans le système d’enseignement algérien les digital humanities, discipline qui émerge progressivement en Europe. Les besoins en terme de formation et de réalisations numériques sont importants chez les chercheurs algériens. Ils pourront s’appuyer sur les méthodes et les outils développés par cette jeune communauté pour travailler sur la structuration des données et leur édition.

La question de l’enseignement est au coeur des missions du CNRPAH . Une école doctorale d’archéologie a déjà été mise en place. Elle accueille des étudiants licenciés en archéologie pour préparer un magister (le Master en Europe) ou un doctorat dans le domaine. Dans la même lignée, va être mis en place en 2011 au CNPRHA un nouveau programme pour les métiers de la culture, sur le patrimoine culturel immatériel. L’ethnomusicologie fera partie intégrante du projet. Dans une conférence introductive, Mehena Mahfoufi, ethnomusicologue, a dressé un état des lieu des différentes catégories des musiques algériennes qui pourraient intéresser les études d’ethnomusicologie en s’appuyant sur son expérience de terrain en Kabylie. Pour pouvoir être étudiées dans leur complexité, ces catégories sont destinées à se répondre : musiques professionnelles et non professionnelles, musiques religieuses et profanes, musiques familiales et publiques, pratiques féminines et masculines… Au-delà de la catégorisation, il est également nécessaire d’aménager de nouvelles formes d’écriture de la musique. En effet, l’écriture de la musique occidentale s’avère insuffisante pour les musiques traditionnelles. A titre d’exemple, Mehena Mahfoufi a évoqué le concert organisé la veille par le CNRPAH sur la musique de type « Sraoui ». Il a rappelé à l’auditoire un son étonnant et récurrent qui s’entendait, une sorte de gloussement effectuée par le chanteur. Voilà un élément vocal évoqué déjà  Bartok1 lors de ses collectes en 1913, impossible à noter sur les partitions classiques…Lire la suite

*Les carnets de la phonothèque

La phonothèque de la MMSH réunit les enregistrements du patrimoine sonore qui ont valeur d’information ethnologique, linguistique, historique, musicologique ou littéraire sur l’aire Méditerranéenne. Ces archives sonores documentent des champs peu couverts par les sources conventionnelles, ou les complètent avec le point de vue des acteurs ou des témoins. Les notices et une partie des enregistrements sont accessible sur la base de données Ganoub (le Sud en arabe).

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Une réponse à “Compte-rendu des rencontres autour des sciences du patrimoine immatériel à Alger, deuxième journée (4 octobre 2010)

  1. Bonjour Hadj et merci pour cette diffusion ! Lors des journées nous avions évoqué des plateformes de blogs (ou « carnets de recherche ») en direction des chercheurs. Il s’agit de la plateforme Hypothèses.org (http://hypotheses.org/). Pour s’y inscrire, il suffit de remplir le questionnaire en ligne : http://hypotheses.org/sinscrire. La demande sera validée par un comité scientifique. L’intérêt est d’intégrer instantanément une communauté de chercheurs en SHS et de bénéficier des atouts de référencement du laboratoire Cléo (http://cleo.cnrs.fr/) qui gère la plateforme. Si tu souhaites plus d’infos, n’hésite pas à me contacter. Amitiés, Véronique

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