REVUE DE PRESSE / CULTURE/ Mostaganem : Kamel Daoud boudé par sa ville natale

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Après Constantine, Béjaïa, Tizi Ouzou et Alger, Kamel Daoud était présent, samedi dernier, à la libraire Arts et culture, à Oran, pour une rencontre littéraire entrant dans le cadre de la tournée de promotion de son nouveau roman Zabor ou les psaumes.

Nous avons saisi cette occasion pour interroger l’auteur de Meursault contre-enquête, natif de la commune de Mesra, si Mostaganem était incluse dans sa tournée. «Depuis que mon aventure littéraire a débuté, je suis invité partout sauf dans ma ville natale. Si on m’invite, je viens. Mais comme on dit, nul n’est prophète chez lui», argue-t-il.

Etant donné que Mostaganem observe un sérieux manque de librairies et de lieux dédiés aux rencontres littéraires, nous avons demandé à Kamel Daoud si cela n’était pas la principale cause de son absence. «Cela n’a absolument rien à voir. Parfois, je suis invité dans des villages en Kabylie, où il n’y a vraiment pas beaucoup de moyens, mais il y a là-bas la volonté de gens désirant rencontrer des auteurs et échanger les idées», ajoute-t-il.

Notons que la dernière fois où Kamel Daoud a animé une rencontre littéraire à Mostaganem, c’était en 2014, invité par des amis professeurs à l’université de Mostaganem pour une rencontre avec les étudiants. A ce sujet, Hadj Miliani nous avoue que force est de constater que l’UMAB contribue, comme elle peut, à l’essor littéraire à Mostaganem. «Durant ces dernières années, malgré les difficultés, nous avons reçu pas mal d’auteurs qui, par la suite, ont inspiré les étudiants à travailler sur leurs œuvres.

Nous avons reçu, entre autres, Mustapha Benfodil, AbdelakderDjemaï, Maïssa Bey, Chawki Amari, Yasmina Khadra, Amin Zaoui et Kamel Daoud». La directrice de la bibliothèque principale de la ville de Mostaganem, Mme Hayat Maameri, questionnée sur l’éventuelle organisation d’une rencontre littéraire avec Kamel Daoud, nous a répondu qu’«il n’est pas dans mon programme». Les seules véritables victimes dans cette affaire demeurent les lecteurs de cette wilaya, lesquels sont nombreux, mais qui se voient privés de la chance de rencontrer leurs auteurs. «Cela va vous sembler incroyable, mais j’ai plus de clients de Mostaganem que d’ici, d’Oran», nous confie le propriétaire de la librairie Arts et culture.

Rappelons que quelques années auparavant, Mostaganem était vraiment un berceau de la culture, avec son cœur battant, Tigditt, où plusieurs génies de la culture ont émergé sur la scène nationale, tels que Ould Abderrahmen Kaki et Mohamed Khedda. Désormais, la ville, avec ses maintes manifestations culturelles, comme le FNTA, n’est qu’une tribune médiatique qui sert davantage les intérêts des hommes politiques que ceux de la culture.

Salim Skander/ El Watan
Presse
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