«Virgules en trombe» de Sarah Haïdar

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C’est un texte frénétique qui raconte l’amour des mots, l’extase d’une imagination en délire et la puissance impétueuse de la logorrhée verbale.

Virgules en trombe* de Sarah Haïdar est une esquisse de roman, c’est-à-dire une manière d’histoire enchevêtrée, compromise entre diatribe poétique débridée et provocations ultimes (crimes, imprécations, tortures et dépravations diverses). Ce serait une sorte de roman gore si le parti pris poétique n’en annulait pas la scénographie sanguinolente. Ce serait une fable fantastique si la raison textuelle ne l’ancrait en permanence dans une sombre jouissance littéraire.

Les trente premières pages sont un pur concentré d’ironie assassine, de sentences sulfureuses et de désespérance définitive que le lecteur reçoit comme une claque sur la gueule. Un rat, une araignée, une journaliste-écrivaine nègre et un pédophile métaphysicien forment des repères  flous dans une écriture impressive et obsessionnelle.
Le roman vaut davantage que son titre qui file plutôt une métaphore mécanique et la coquetterie générique de «presque roman», pour être originale, n’éclaire pas plus que cela le lecteur en mal de catégorisation littéraire. Les ruptures de style, les inserts fantasmatiques et des séquences de pur soliloque poétique perturbent évidemment une lecture planaire et suivie. Si certains effets (divagations textuelles, longues digressions sur l’écriture en acte, etc.) sont parfois répétitifs et un rien gratuits, le ton est généralement maîtrisé sans fausse ingénuité.

Il y a immanquablement des associations littéraires qui s’imposent : l’absolu métaphysique d’un Georges Bataille, la fulgurance poétique noire d’un Lautréamont, le sacre de la cruauté d’Artaud, l’influx de la parole prophétique d’un Mohamed Kheir-Eddine dans «Histoire d’un bon Dieu». Mais au-delà des convergences et des rencontres possibles, ce texte de Sarah Haidar révèle un tempérament et une vraie empathie pour une écriture décalée et buissonnière. Il reste, comme nous y invite le final de Virgules en trombe, à en confirmer les possibles.

 

*Sarah Haidar, Virgules en trombe, préface de Lynda-Nawel Tebbani-Alaouache, Alger, Editions Apic, 2013.

Hadj Miliani

Tracts et documents FLN

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Mémorial de la ville de JIJEL

couverture du livre 2

Tournage à la Calaire à Oran

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La Calère (en Espagnol La Calaira) arrondissement de Sidi El Houari qui est située au pied du Djebel Murdjajo est un quartier construit par les Espagnols au XVIIIe siècle, entre les murailles de la ville et la mer. C’était un ancien quartier de pêcheurs au centre historique et patrimonial d’Oran; en 1980 les autorités l’ont démoli.

Historiquement, La Calère (La Calaira) est un des premiers quartiers d’El Bahia, après La Blanca (quartier intra-muros au pied du Murdjadjo, et rive gauche de l’oued Rhi), et la Ville nouvelle (à entendre dans le sens historique de Ville nouvelle du XVIIIe siècle) étagée sur la rive droite du ravin.

Articles de presse Festival de Mers-el Kébir 1959-1960

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La troupe d’El MASRAH de Mostaganem

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Maison de Caida Halima

Caïda Halima, fille de Ziani Mohamed Benyoussef, est connue à Oran pour ses qualités humaines, mais aussi pour son courage et sa probité.

caida halima

caida_halimaCaïda Halima (source : « Oran, La Mémoire » de Kouider Metaïr)

Sa personnalité légendaire et proverbiale est ancrée dans la mémoire collective oranaise où elle est souvent citée comme un exemple de bravoure et de générosité. Fière et altière, cette grande dame s‘est imposée dans le cercle très fermé des grands exploitants agricoles quand elle narguait les colons européens sur leur propre terrain en faisant fructifier ses terres de magnifiques vignobles et de céréales dans le Témouchentois et la région des Hachem.

Elle a aussi su gérer les biens familiaux avec énergie et dévouement. Caïda Halima est née en 1859 à Sig, près d’Oran, dans une famille de lettrés.

Son père, Mohamed Benyoussef Ziani, est l’auteur d’un précieux ouvrage sur l’histoire d’Oran et un outil de travail pour les chercheurs et historiens, intitulé Dalil El-Hayrane oua Anis Essahrane fi Akhbar Madinat Wahran. Halima est l’unique fille d’une famille de cinq enfants : Mohamed, Ahmed, Kada et Benyahia. Elle aura une autre sœur, Zohra, née d’un autre lit. Venue à l’âge du mariage, elle épousa, durant une courte période, un cousin dont elle eut une fille. Après s’en être séparée, elle se remariera avec Si Ali Ould Cadi qui sera commandant de cavalerie en 1871. Promu d’abord au titre de caïd par l’administration coloniale, il sera élevé au rang d’agha. C’était un homme fortuné, mais très volage, raconte-t-on.
Des documents d’archives de l’époque rapportaient ceci : «En épousant l’agha Ould Cadi Ali, elle a vu la fortune de ce chef arabe livrée au désordre et au laisser-aller. Elle comprit tout de suite ce qu’il fallait et ce qu’il y avait à faire pour bien gérer et bien administrer tous ces biens matériels. Depuis, elle ôte le voile de son visage et s’occupe avec énergie des richesses de son époux. Caïda Halima sauva non seulement la maison de son mari de la ruine qui la guettait, mais elle mit en valeur les grandes exploitations agricoles en développant intelligemment les richesses». A la mort de son époux en 1931, elle devint gestionnaire mais aussi propriétaire. Elle a su garder de son père les qualités morales et les capacités intellectuelles indéniables.

Mais cvaïda Halima était aussi une dame qui venait au secours des orphelins et des déshérités. Elle fit don d’une parcelle de terre à El Amria qui servira de cimetière au lieu-dit «M’sissi». Cette généreuse dame fit construire une mosquée à l’emplacement de la maison familiale de Médina Djédida, baptisée «Djamaâ Benkabou», du nom de l’imam qui dirigeait la prière dans ce quartier mythique surnommé par dérision «Village nègre», par l’administration coloniale. Dame charitable, elle encouragea les associations de bienfaisance et aida matériellement à la promotion des rares médersas. D’ailleurs, pour la remercier, l’association musicale de chants religieux Mouloudia lui décerna un diplôme d’honneur au cours d’une grande cérémonie qui s’est déroulée en 1933.
Elle accomplira le pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam, accompagnée de dix personnes prises entièrement en charge par ses soins, en 1938. Cette grande dame de cœur, qui est également la petite-petite-fille de cheikh Abdelkader Ziani, illustre savant théologien, reste dans la mémoire collective le symbole de la femme active, laborieuse et profondément humaine. De nos jours, ses nobles qualités morales sont citées en exemple. Pour l’histoire, elle est la mère de Setti Ould Cadi, (1904-1965), une moudjahida qui fut arrêtée en 1957 après le démantèlement du «Réseau Abdelwahab» durant la guerre de Libération nationale. Jugée par le tribunal des forces armées dans le cadre du fameux «Dossier 3/83», elle fut incarcérée à la maison d’arrêt d’Oran jusqu’en 1961. Sortie de prison très affaiblie, des suites des séquelles de la torture que lui ont fait subir ses geôliers, elle mourut en 1965.
Caïda Halima est tombée malade à une période où sévissait à Oran une épidémie de typhus. Elle s’est éteinte le 22 août 1944, à Oran, dans sa résidence de la rue Mac Mahon, dans le quartier de St Antoine, proche de Médina Djedida, à l’âge de 85 ans. Une foule immense l’accompagna à sa dernière demeure, la mosquée Benkabou, pour y être enterrée, selon ses dernières volontés. El Watan

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