Maison de Caida Halima

Caïda Halima, fille de Ziani Mohamed Benyoussef, est connue à Oran pour ses qualités humaines, mais aussi pour son courage et sa probité.

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caida_halimaCaïda Halima (source : « Oran, La Mémoire » de Kouider Metaïr)

Sa personnalité légendaire et proverbiale est ancrée dans la mémoire collective oranaise où elle est souvent citée comme un exemple de bravoure et de générosité. Fière et altière, cette grande dame s‘est imposée dans le cercle très fermé des grands exploitants agricoles quand elle narguait les colons européens sur leur propre terrain en faisant fructifier ses terres de magnifiques vignobles et de céréales dans le Témouchentois et la région des Hachem.

Elle a aussi su gérer les biens familiaux avec énergie et dévouement. Caïda Halima est née en 1859 à Sig, près d’Oran, dans une famille de lettrés.

Son père, Mohamed Benyoussef Ziani, est l’auteur d’un précieux ouvrage sur l’histoire d’Oran et un outil de travail pour les chercheurs et historiens, intitulé Dalil El-Hayrane oua Anis Essahrane fi Akhbar Madinat Wahran. Halima est l’unique fille d’une famille de cinq enfants : Mohamed, Ahmed, Kada et Benyahia. Elle aura une autre sœur, Zohra, née d’un autre lit. Venue à l’âge du mariage, elle épousa, durant une courte période, un cousin dont elle eut une fille. Après s’en être séparée, elle se remariera avec Si Ali Ould Cadi qui sera commandant de cavalerie en 1871. Promu d’abord au titre de caïd par l’administration coloniale, il sera élevé au rang d’agha. C’était un homme fortuné, mais très volage, raconte-t-on.
Des documents d’archives de l’époque rapportaient ceci : «En épousant l’agha Ould Cadi Ali, elle a vu la fortune de ce chef arabe livrée au désordre et au laisser-aller. Elle comprit tout de suite ce qu’il fallait et ce qu’il y avait à faire pour bien gérer et bien administrer tous ces biens matériels. Depuis, elle ôte le voile de son visage et s’occupe avec énergie des richesses de son époux. Caïda Halima sauva non seulement la maison de son mari de la ruine qui la guettait, mais elle mit en valeur les grandes exploitations agricoles en développant intelligemment les richesses». A la mort de son époux en 1931, elle devint gestionnaire mais aussi propriétaire. Elle a su garder de son père les qualités morales et les capacités intellectuelles indéniables.

Mais cvaïda Halima était aussi une dame qui venait au secours des orphelins et des déshérités. Elle fit don d’une parcelle de terre à El Amria qui servira de cimetière au lieu-dit «M’sissi». Cette généreuse dame fit construire une mosquée à l’emplacement de la maison familiale de Médina Djédida, baptisée «Djamaâ Benkabou», du nom de l’imam qui dirigeait la prière dans ce quartier mythique surnommé par dérision «Village nègre», par l’administration coloniale. Dame charitable, elle encouragea les associations de bienfaisance et aida matériellement à la promotion des rares médersas. D’ailleurs, pour la remercier, l’association musicale de chants religieux Mouloudia lui décerna un diplôme d’honneur au cours d’une grande cérémonie qui s’est déroulée en 1933.
Elle accomplira le pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam, accompagnée de dix personnes prises entièrement en charge par ses soins, en 1938. Cette grande dame de cœur, qui est également la petite-petite-fille de cheikh Abdelkader Ziani, illustre savant théologien, reste dans la mémoire collective le symbole de la femme active, laborieuse et profondément humaine. De nos jours, ses nobles qualités morales sont citées en exemple. Pour l’histoire, elle est la mère de Setti Ould Cadi, (1904-1965), une moudjahida qui fut arrêtée en 1957 après le démantèlement du «Réseau Abdelwahab» durant la guerre de Libération nationale. Jugée par le tribunal des forces armées dans le cadre du fameux «Dossier 3/83», elle fut incarcérée à la maison d’arrêt d’Oran jusqu’en 1961. Sortie de prison très affaiblie, des suites des séquelles de la torture que lui ont fait subir ses geôliers, elle mourut en 1965.
Caïda Halima est tombée malade à une période où sévissait à Oran une épidémie de typhus. Elle s’est éteinte le 22 août 1944, à Oran, dans sa résidence de la rue Mac Mahon, dans le quartier de St Antoine, proche de Médina Djedida, à l’âge de 85 ans. Une foule immense l’accompagna à sa dernière demeure, la mosquée Benkabou, pour y être enterrée, selon ses dernières volontés. El Watan

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5 réponses à “Maison de Caida Halima

  1. que de douleur et amertume que de constater l « état de sa demeure , elle si généreuse et charitable. une notoriété et femme de guerre et d histoire;

  2. pour rendre hommage a cette grande dame, je peut citer la construction de la mosquée de Frenda edifiée sur ses propres deniers et porte le nom d’un saint ayant séjourné en ces lieux mosquée de Sidi Nacer ben Abderrahmane. (1881)

  3. J’ai vécu mon enfance dans cette demeure de El Kaïda Hlima. Notre maison se trouve derriere, une maison de maitre en pierre de taille. Ma grand mere etait l’amie dde Setti. Mon pere aait entrainé sa fille dan le FLN, d’ou elle a été arreté en 1958 et relaché jusqu’en 1961. Elle a été torturée et paée à la Gegene. Ses bout de seins sectionné par les bourreaux et les harkis. Elle est mort 5 ans apres. Pendant les année 70, cette maison etait encore habité par sa fille Yamina qu aujourd’hui habite Protin. Ma grand mere etait touours là. On vivait ensemble. La fille de Kaida Hlima a financé le FLN et offrait des repas memorable aux moudjahidines. Cette aide lui couta 3 années de prison et de la torture. Ce aalais, car ce n’est pas une maison de maitre mais un veritable palais avec deux cours magnifique au vitraux colorés. Je me souviens à peine, j’avais à peine 6 an que sa fille Yamina buvait dans des verre et de la vaisselle n or, massif. Elle n’accordait qu’au chef FLN(Mon pere et Farhat Abbas les services en or). J’ai longtemps joué dans les deux cours aux vitraux coloré par des artisans itrier. Tout etait magnificence. Je me souviens aussi qu’elle avait ddeux ale de part et d’autre de ce palas, l’une pour les chevaux, l’autre pour les bovin. Le lait y etait servi chaud et frais. elle avait tout un regiment de femme et d’homme qui vivaient chez elles et la serait. Je me souviens de baril d’escargots, de chevaux et de bovins. Le palais etait toujours tres propre et on vivait dans l’opulence. D’ailleurs elle etait mecene et faisait vivre des artistes, des poetes, le FLN et les pauvres. Un proverbe disait  » Sfari de Ould Kadi », c’est à dire l’abondance de nourriture des ould kadi. Pour memo, le petit fils de Setti, c’est Montebourg et Hadri qui exploite aujourd’hui sa propriété à El Amria.

  4. Kaïda Hlima, c’est la Kahina de l’orainie, de l’ouest Algérien. Elle faisait vivre les poetes, les chanteurs, les guerriers. e pense que je vais écrire quelques chose sur elle en prenant quelques info sur des survivant, dont ma famille et ceux qui ont connu setti, la Kahina de L’ouest algerien

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